


Made In West Africa





Pourquoi avoir créé le MIWA ?
Le cadre sous régional
Par ailleurs, le contexte économique international est marqué par la frilosité des économies du Nord; une frilosité qui, combinée à l’essor des pays émergents favorisé par la mondialisation, incite de plus en plus à un repli commercial des pays avancés. Il va sans dire qu’une telle dynamique n’augure pas des lendemains meilleurs pour des pays aussi endettés que ceux de la sous-région.
Il ressort de ce sombre tableau la nécessité de réformer en profondeur les politiques publiques et de changer les comportements de consommation des populations qui, présentement, ne militent que faiblement en faveur d’une vitalisation des prestataires et producteurs locaux. L’économie sénégalaise demeure, en effet, fragile et des doutes somme toutes légitimes se font jour quant à sa capacité, à rendre, dans son état actuel, les conditions de vie des populations meilleures, dans le moyen et le long terme.
Les réflexions et les actions de l’Association Made in West Africa s’inscrivent dans la recherche des voies et moyens qui permettront de changer la donne dans un cadre sous régional, économiquement plus viable. Refusant le fatalisme, se disant sceptique quant à la capacité de la politique systématique de la main tendue (dons, prêts, apports humanitaire, aide alimentaire…) à tirer nos économies de l’ornière, ses membres conjuguent leurs efforts pour produire une expertise sur le Made in West Africa à même d’inspirer les politiques publiques et de nourrir des démarches favorisant le changement de comportement des populations pour une meilleure considération des produits, services et savoir-faire locaux. Les membres de l’association pensent également que même si le Made in West Africa est loin d’être une panacée susceptible de résoudre tous les maux auxquels leurs pays sont confrontés, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une voie qui comporte des réponses appropriées à divers problèmes endémiques : la pauvreté, le chômage endémique, l’exode rural, l’émigration clandestine, la préservation de l’environnement, des questions de santé publique (malnutrition, diabète, AVC…).
Inspiration
Le Sénégal entre progressivement dans la phase active de la mise en place d’un programme ambitieux de développement nommé Plan Sénégal Émergent (PSE). Toutefois, l’inscription de cette ambition dans le champ des possibles est rendu aléatoire par le fait qu’il contraste avec la faible vitalité de notre marché intérieur malgré d’énormes potentialités sur lesquelles il pourrait se fortifier, d’une part, et l’extraversion de nos comportements de consommation, d’autre part. En effet, la balance commerciale du Sénégal est largement déficitaire. Les importations triplent quasiment les exportations avec des valeurs respectives de 2998 milliards CFA et de 1267 milliards CFA pour l’année 2014. Avec la crise économique mondiale, certains produits importés ont doublé en valeurs. La demande intérieure s’élève à près de 9000 milliards CFA dont plus du tiers s’adresse au marché étranger; ce qui constitue un manque à gagner considérable. Le tableau est encore plus sombre si l’on considère le degré de dépendance de notre économie dans les secteurs à forte valeur ajoutée que sont le tertiaire moteur et le secondaire. L’essentiel des exportations portent sur des produits naturels tels que les poissons frais de mer, les produits pétroliers, l’or non monétaire, le ciment hydraulique et l’acide phosphorique, alors que les importations, elles, portent sur une incommensurable plateforme qui va des produits pétroliers aux matières plastiques artificielles, en passant par l’essentiel des produits manufacturés de pointe ainsi que des produits alimentaires.

